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Parole d'expat : « Pierre-Antoine prépare son retour sur le projet EPR2 après 5 ans d’expatriation sur HPC »

Parole d'expat ¨Pierre Antoine sur le chantier HPC au Royaume Uni

Après 5 années sur le site de Hinkley Point C, Pierre-Antoine MUNOZ s'apprête à revenir en France sur le projet EPR2.
 

Quel poste occupes-tu à Hinkley Point et quelles sont tes missions ?

« Mon poste sur HPC est Senior Project Manager, ce qui en français se traduit par Responsable Projet. Je suis en charge des travaux Framatome d’installation du circuit primaire. Mes missions ont évolué au fil de mes 4-5 années d’expatriation, au gré de l’évolution du chantier : 

2020-2021 : « on boarding » de l’équipe Framatome : création de l’équipe site, adaptation des process Framatome et HPC aux spécificités de chacun;
2021-2022 : construction des entrepôts de stockage – renégociation de la partie installation du contrat Framatome;
2023 : organisation de la livraison de la cuve du réacteur et premiers travaux dans le bâtiment réacteurs (supports) en support au dôme lift - création de l’équipe projet de suivi construction;
2024 : management global des travaux dans les casemates GC pour HR Area Management, incluant les travaux Framatome préparatoires à l’introduction cuve;
2024 – 2025 : introduction de la cuve et soudage des branches primaires. »
 

Quel a été ton parcours professionnel ?

« Mon parcours professionnel s’est fait dans 2 domaines : l’Ingénierie d’études et les projets. D’abord au CIDEN à Lyon, en 2007, en appui au parc nucléaire en exploitation et ensuite 10 ans à Marseille à la DIPDE, au Département Etudes & Projets, toujours en appui au parc nucléaire, sur les projets Grand carénage et Visites Décennales des 40 ans du pallier 900 MW (VD4 900).
J’ai eu envie à un moment de partir en expatriation pour voir autre chose que l’appui au parc. Ce fut un projet familial, et c’était le bon moment pour les enfants. J’ai été soutenu et accompagné dans ce projet tant par mon management que par la Direction du centre. »
 

Que retiens-tu de cette expérience ? qu’est-ce que cela apporte au niveau parcours professionnel ?

« Nous nous sommes lancés dans l’expérience d’expatriation pour 3 raisons principales : d’abord l’aventure professionnelle que cela représentait, ensuite car cela avait toujours été un projet familial de vivre une expatriation, et enfin pour l’opportunité formidable que cela représentait pour nos enfants d’avoir une double culture, et une éducation dans un cadre privilégié.
Nous ne sommes déçus sur aucun des tableaux ! Le côté familial a très été riche en rencontres et découvertes. Nos enfants adorent leur école, maitrisent l’anglais et ont une ouverture d’esprit parfois étonnante !
D’un point de vue professionnel, j’ai découvert un projet énorme, avec des enjeux et challenges à tous les niveaux. Le travail au quotidien est à la fois très similaire à celui que l’on fait en France, mais en même temps très diffèrent. J’ai tout particulièrement apprécié le calme et le cadre dans les échanges formels (meeting, comités) qui permettent à tous de prendre part à la discussion. J’ai beaucoup aimé les discussions avec mes collègues de différentes nationalités et aux parcours variés. 
Enfin, j’ai appris à grande vitesse ce qu’est la vie d’un site de construction EPR ! Venant d’un parcours études/projet en centre d’ingénierie, c’est une expérience de plus dans mon parcours professionnel. »
 

Quelles compétences as-tu développées et comment vas-tu les mettre au service du Groupe ?

« Le management de projet : la culture projet est très différente de celle de la France.  En France, nous partons souvent d’un monde d’études auquel on fait faire du management de projet. Ici, les gens ont eu d’autres expériences et champs d’expertise, et ils s’adaptent au secteur du nucléaire avec leur culture projet. 
C’est cette culture projet que j’aimerais apporter dans mon futur poste sur le projet EPR2 France. Je vais revenir sur des activités liées au design et au contrat, en mettant à profit cette culture projet que j’ai renforcée sur HPC. »
 

As-tu rencontré des difficultés et freins dans le cadre de ton expatriation ?

« J’ai rejoint le projet pendant les premières vagues du COVID, et même dans ces temps difficiles, je garde un très bon souvenir de l’accompagnement donné aux nouveaux arrivants. Aucun frein ou difficulté à ce niveau-là.
Avant de partir, ma femme pensait que venir au Royaume Uni n’était pas une « vraie expatriation ». Bien sûr, le mode de vie est très proche et la France n’est pas si loin, mais il ne faut pas négliger le changement que cela représente à tous les niveaux. Les capacités d’adaptation de chacun des membres de la famille sont mises à rude épreuve. C’est clairement une « vraie expat » !
L’expatriation est en fait un catalyseur d’émotion avec des hauts très hauts et des bas très bas. Il ne faut pas négliger le gros changement que cela provoque. 
Et au final c’est un peu cliché mais , si on me demande le domaine où j’ai le plus appris dans cette expérience, je dirais finalement que c’est de me connaitre moi-même ! »
 

Quels sont les difficultés professionnelles surmontées ?

« Pas facile tous les jours ! Il faut s’intégrer dans une équipe qui est évidemment déjà très mobilisée sur le projet avant ton arrivée. Ça peut être un moment déstabilisant. 
En tant qu’expat, il faut aussi refaire ses preuves, construire son réseau. 

Il faut aussi gérer les aléas sur le chantier. J’ai par exemple craint à un moment de ne pas pouvoir assister aux travaux que je visais dans ma « durée » d’expat. 
C’est une des grosses différences quand tu es en expatriation :  quand tu rencontres des difficultés dans ta vie professionnelle, on peut très vite tout remettre tout en question. Ma famille a été pour moi un gage de stabilité dans la durée. Lorsque j’ai pu avoir des moments de doutes, ma famille voulait rester. Et nous avons bien fait ! J’aurais vu l’essentiel du scope de montage du circuit primaire que je souhaitais voir sur HPC ! »
 

Comment se passe la préparation au retour ?

« En septembre de l’année précédant le retour, nous faisons le point avec nos Conseillers Parcours Professionnels internationaux côté France. Il faut bien sûr réfléchir à son projet, ses aspirations et la localisation géographique du retour. Les CPP aiguillent la discussion et facilitent ensuite la mise en relation avec les unités de retour lorsque l’expatrié n’a pas de contact direct, car c’est parfois complexe d’entretenir son réseau durant l’expatriation. Dans mon cas, le retour est déjà enclenché avec un poste côté projet EPR2 à Lyon.

J’ai listé les régions et les métiers qui m’intéressaient. J’ai sondé mon réseau au sein d’EPR2 et demandé là où je pourrais être le plus utile. Je suis passé en direct pour poser mes questions. J’ai ensuite approfondi le projet avec mon CPP. La convention de retour vers DIPDE m’a laissé une porte ouverte, mais travailler sur le projet EPR2 avec une expérience à HPC faisait sens pour moi. »
 

Conseils à un salarié intéressé par l’expat ?

« Je lui dirai de foncer ! On est clairement dans le « feu » de l’action côté HPC, et cela pour plusieurs années. Il y a en plus une vraie volonté du Groupe de développer un maximum d’expérience de ce chantier en vue de nos EPR2. Plein d’opportunités à saisir ! 

Un bon conseil : bien identifier les compétences que l’on souhaite apporter, celles qu’on souhaite apprendre ou développer, et d’orienter sa candidature en fonction (ingénierie, projet, chantier…).

D’un point de vue plus personnel, je pense que venir sur le projet HPC est aussi l’occasion unique de voir un chantier EPR de près, et j’encourage les candidats potentiels à privilégier une expérience sur le site. »
 

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